Tunisia Automotive Association sans salon mais en action !

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En novembre de cette année devait se dérouler la deuxième édition du salon Tunisia Automotive qui n’a pas eu lieu en raison de la crise du Coronavirus. Cela n’a pas empêché la Tunisia Automotive Association d’être active et notamment dans le soutien qu’elle a apporté à ses membres. Nabhen Bouchaala, son président répond aux questions de Tunisie Rechange et fait le point sur la situation.

Pour rappel, quelles sont les missions de TAA ?

Tunisian Automotive Association (TAA) est une association tunisienne à but non lucratif, créée en février 2016, à l’initiative des principaux acteurs de l’industrie des composants automobiles en Tunisie, afin de favoriser les échanges, la collaboration et la synergie entre les entreprises de ce secteur et d’accompagner les autorités tunisiennes pour développer et promouvoir le secteur. Elle veille à créer un environnement attractif pour le développement de l’industrie automobile en Tunisie. Par ailleurs, la TAA a pour mission d’organiser et de participer activement à tous les évènements professionnels en Tunisie et à l’étranger, afin de promouvoir et soutenir le secteur automobile tunisien et les entreprises qui le composent.

Quelles actions avez-vous mises en place et comptez-vous mettre pour soutenir vos adhérents pendant cette période de crise sanitaire hors normes ?

Il y a eu un très important mouvement de solidarité pendant la période de crise qui perdure jusqu’à aujourd’hui. La première action que nous avons entreprise, c’est de mettre en place un protocole sanitaire commun afin de protéger toutes les personnes travaillant dans le secteur ainsi que leurs familles. Un protocole détaillé et complet que nous avons défendu devant les instances gouvernementales, ce qui nous a valu d’être parmi les premières industries (après l’agroalimentaire et le médical) à être autorisée à reprendre le travail.  La TAA a soutenu tous ses adhérents pour avoir les autorisations nécessaires pour eux et leurs employés le plus rapidement possible. Nous avons aussi accentué la communication interne avec nos adhérents à travers des bulletins d’information pour les tenir au courant de l’évolution de la situation tant en Tunisie qu’ailleurs dans le monde, et la communication externe avec nos parties prenantes à travers les réseaux sociaux et notre site web. La TAA a aussi émis régulièrement une note aux constructeurs et équipementiers durant toute la période de confinement pour les informer sur la situation sanitaire globale en Tunisie et particulièrement des industriels automobiles fournisseurs.

Le tissu très dense de petites et moyennes entreprises de fabrication de pièces automobiles, d’outillages et d’équipements, constitue-t-il un atout ou, au contraire, une difficulté pour animer le secteur de l’automobile et le rendre plus offensif à l’international ? 

Le tissu très dense des entreprises tunisiennes constitue un atout, en fait, dans l’écosystème de la fabrication des pièces automobiles, parce que nous disposons d’une très grande partie de la supply chain, ce qui rend facile l’intégration de modules complets dans la voiture. Entre composants électriques, électroniques, software, intérieurs et modules, transmission (…), il s’avère possible de sourcer sur place ce qui constitue une part importante de la voiture. Comme il existe, dans cet écosystème, des sociétés d’envergure internationale et d’autres qui sont de moindre taille, il est clair qu’elles n’ont pas toutes la même facilité d’accéder à l’international, mais des partenariats peuvent se créer afin de capter plus de parts de marché à l’international. La richesse du tissu PME permet une meilleure flexibilité et renforce l’attractivité de la Tunisie comme destination capable d’assurer et de maintenir la stabilité de la supply chain.   

Comment incitez-vous les entreprises tunisiennes à exporter et comment, à l’inverse, appelez-vous les entreprises internationales à s’implanter en Tunisie ?

Nous donnons de la visibilité internationale aux entreprises tunisiennes à travers la participation à de nombreux événements, salons, exhibitions, rencontres B to B… Nous invitons et accueillons régulièrement des entreprises internationales du secteur pour leur faire visiter les entreprises répondant à leur besoin. Cela inclut le tour des usines pour observer les capacités de production et de R&D, la qualité de nos ressources humaines et ainsi répondre à toutes les questions possibles.

Par ailleurs nous faisons du lobbying auprès des instances gouvernementales pour améliorer le climat des affaires et encourager les investissements en Tunisie. Cela passe par la facilitation des opérations des entreprises, aussi bien au niveau logistique, que sur le plan des règlementations en vigueur, des procédures administratives…

La crise sanitaire a-t-elle révélé la dépendance très (trop) forte vis-à-vis de la Chine, de l’Europe comme de l’Afrique ?

Nous n’avons pas été épargnés comme tout le reste du monde par rapport à cette dépendance, le monde est devenu une région, et toutes les régions sont interconnectées et dépendantes les unes des autres. La crise du Covid-19 a effectivement révélé la forte dépendance vis-à-vis de la Chine et devrait donc accélérer la reconfiguration des chaînes de valeur mondiales. La résilience est aujourd’hui plus que jamais au centre des stratégies des économies les plus puissantes telles que l’Europe et les Etats-Unis qui développeront leur propre autonomie à travers des chaînes de valeur domestiques, dans la limite du possible mais surtout régionales et à proximité.

Croyez-vous à une réindustrialisation de l’Europe qui passerait par un partenariat accru avec ses voisins de la Méditerranée ?

Je pense que oui, la réindustrialisation dans cette région du monde se fera graduellement, sur des technologies futures et des développements à venir. Certes l’Europe cherchera à pondérer le risque ailleurs qu’en Europe, mais la pandémie est partout, et on ne connait pas encore le degré d’impact sur la chine notamment, et sur les pays méditerranéens. Cela étant, je pense qu’il y aura une régionalisation de la production et cela peut inclure les pays proches comme les nôtres effectivement.

Depuis toujours la Tunisie est connue pour ses compétences en technologie, notamment en automobile, comment l’expliquez-vous ?

La Tunisie s’est dotée d’un système d’éducation performant depuis les années 60, ce qui nous a valu d’avoir des compétences techniques et managériales de qualité. Ensuite, et depuis les années 70, l’industrie manufacturière a commencé à se développer, notamment avec le textile et par la suite l’électronique et électrique, soutenue par une stratégie nationale de mise en place d’une industrie exportatrice et d’un écosystème de formation, d’éducation et de mise à niveau, qui a permis cette qualité de compétence technologique que nous avons actuellement.

Quelles relations entretenez-vous avec les acteurs de la rechange automobile en Tunisie, côté distribution des pièces comme de la fabrication  ?

La TAA ne regroupe que les industriels des composants automobiles et elle n’a pas de lien direct avec la distribution des pièces, il va de soi que certains de nos membres sont acteurs dans la fabrication de composants de la rechange et peuvent être en contact avec le réseau de distribution de pièces soit directement soit à travers leurs clients.

La prochaine édition du salon Tunisian Automotive est-elle au programme, à quelle date et sous quelle configuration ?

L’édition du salon Tunisian Automotive de cette année a été reportée, à cause de la pandémie du Covid-19. Nous sommes actuellement en train de travailler sur des solutions alternatives qui nous permettront d’assurer la nouvelle édition du salon et d’entretenir les liens dans notre communauté. La nouvelle date sera communiquée au public prochainement.  Néanmoins, la Tunisian Automotive Association a mobilisé ses partenaires (FIPA-CEPEX) afin d’organiser au début de l’année 2021 pour différents événements virtuels pour ses membres comme ci-dessous :

– Réunion B2B

– Webinaires informatifs pour les membres pour donner le potentiel de différents marchés ciblés

  Organisation d’une exposition virtuelle pour les entreprises tunisiennes.

Propos recueillis par Hervé Daigueperce

Rédaction
Rédactionhttps://www.rechange-tunisie.com
Rédacteur en chef d'Algérie Rechange, de Rechange Maroc, de Tunisie Rechange et de Rechange Maghreb.

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