Les Gazelles repartent pour un tour !

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Nice, comme point de départ d’une aventure inoubliable. C’est en effet dans le sud-est de la France que le rallye Aïcha des Gazelles a posé ses valises avant de prendre la route du Maroc. Dans les Alpes-Maritimes, les 380 participantes de cette 32e édition se sont retrouvées le 3 mars 2023 au palais Nikaïa pour les vérifications et rappels d’usage. Le stress de cette étape indispensable au bon déroulement de l’épreuve s’est très vite dissipé, laissant place à la joie de se lancer dans l’aventure, de concrétiser plusieurs mois de préparation, de retrouver des têtes connues pour celles qui ont déjà gouté au rallye ou juste d’y plonger avec gourmandise et excitation pour les novices. Il faut dire qu’hier comme aujourd’hui, cet évènement s’est toujours démarqué par une singularité savamment cultivée. Fondatrice et présidente-directrice générale, Dominique Serra rappelle ainsi que le rallye Aïcha des Gazelles est, pour chacune des engagés, « l’aventure d’une vie. Une aventure qui, souvent, leur donne envie de changer de vie et celle de ceux qui les entourent ». En 2023, 190 équipages se sont inscrits (moyennant entre 10 000 et 30 000 euros) dans les catégories 4×4, SSV/quads et crossover mais aussi E-Gazelle Innovation et E-Gazelle Auto. 

L’électrique s’invite sur l’épreuve

Deux nouveautés de cette édition qui s’inscrivent dans le sens de l’histoire. « Notre force a toujours été celle de l’anticipation et nous avons été particulièrement attentifs et innovants en matière de respect de l’environnement », souligne la dirigeante. Raison pour laquelle ont été créées cette année ces deux catégories impliquant des véhicules électriques. Un véritable défi. Introduire des modèles à batteries, de surcroit de série, dans un rallye-raid demeure aujourd’hui un pari difficile. Ce que ne nie pas Dominique Serra qui pointe du doigt des « technologies pas totalement prêtes », « des constructeurs (automobiles) encore frileux » mais aussi, et peut-être même surtout, « des systèmes de recharge nomade pas totalement au point ». Malgré toutes ces embuches, l’épreuve peut compter, entre le 3 et le 18 mars, sur huit véhicules électriques pour animer cette initiative amenée à prendre du poids dans le futur. Les équipages en question suivent un parcours adapté à leurs contraintes et sont soutenus, chaque soir au bivouac, sur un camion doté de chargeurs XXL, leur permettant de faire le plein d’énergie pendant la nuit quand celui-ci fait le sien le jour venu pendant chaque étape. Pour les autres binômes en lice, un périple de 1 300 kilomètres va les conduire du nord du Maroc au sud-ouest avec une arrivée toujours iconique à Essaouira. Fidèle au principe originel de l’épreuve, le chrono et la performance ont laissé place à de l’analyse et de la bienveillance. Au rallye Aïcha des Gazelles, le temps ne compte pas, ou plus. Retour aux basiques pour les participantes avec une navigation à l’ancienne, avec une bonne vielle boussole, permettant de valider des points de contrôle et, seul juge de paix, de réaliser le parcours en faisant le moins de kilomètres possibles. 

Des valeurs communes

Et si l’esprit de compétition n’est jamais très loin, l’entraide prendra toujours le pas, assurent les gazelles, pour ne jamais laisser un équipage dans la panade. D’autant que les galères ne sont pas rares sur une telle épreuve. Si les corps et les méninges sont extrêmement sollicités, les mécaniques elles-aussi souffrent durant deux semaines. Pour parer au moindre problème, le rallye peut compter sur un partenaire de premier choix. Depuis 2019, le réseau Bosch Car Service accompagne en effet les gazelles dans le cadre d’un accord prolongé cette année pour trois ans de plus. Le signe d’un duo qui fonctionne bien. « Les valeurs du rallye s’avèrent parfaitement en adéquation avec les nôtres », développe Thierry Leblanc, directeur général aftermarket France et Benelux de la division automotive de Bosch. Et le dirigeant de les égrener : courage, dépassement de soi, loyauté, entraide, engagement environnemental et solidaire… Ce dernier loue par ailleurs le travail et l’abnégation dont fait preuve Dominique Serra depuis plus de 30 ans. « Dès nos premiers échanges, j’ai été subjugué par la force et la détermination de Dominique. Ce qu’elle a construit avec ce rallye, la place qu’il occupe aujourd’hui, l’attachement de la population marocaine à cette épreuve… C’est fantastique. C’est une aventure qu’il faut saluer ». 

Un coaching salvateur

Des paroles aux actes, le dirigeant, son équipe et son réseau constituent désormais un maillon essentiel au bon déroulement de l’épreuve. Et même à sa préparation puisque Bosch Car Service joue un rôle stratégique plusieurs mois avant le départ. En amont, le réseau accueille des participantes chez certains de ses adhérents pour des sessions de coaching. Pour cette 32e édition, cinq rendez-vous ont été organisés et ont permis de recevoir une centaine de gazelles. Une occasion pour chacune de poser des questions, de connaitre les bases de la mécanique, de bien préparer leur véhicule mais aussi de se rassurer en échangeant avec des professionnels avertis et des participantes aguerries. « Malgré des mois de préparation, c’est bien souvent lors de cette formation que l’aventure devient concrète pour les gazelles : en mettant les mains sous le capot et en se glissant sous le 4×4, elles mesurent réellement ce qui les attend sur le terrain. C’est aussi un moment d’échanges entre elles qui les rassure », confirme la responsable de ce partenariat, Ludivine Bourqui. Un moment également très apprécié par le réseau avec un effet boule de neige indéniable dans la mesure où le nombre de Bosch Car Service impliqués est chaque année plus important. Une fois la course lancée, ce partenariat se poursuit logiquement. Pour cette 32 édition, 71 mécaniciens figurent dans l’équipe d’assistance technique. A leur tête, Denis Cherruau, ancien BCS désormais à la retraite mais qui s’est pris de passion pour cet évènement d’abord en préparant et en accompagnant un équipage puis, désormais, en gérant la caravane technique pendant les étapes mais aussi au bivouac. Au Maroc, un atelier mobile comprenant 12 lignes est mis en place pour cajoler les voitures de ces dames. Un dispositif de grande envergure pour un partenariat du même acabit.

Un engagement presque naturel pour Bosch

Plus que la course, plus que l’investissement financier et humain consacré, Thierry Leblanc y voit autre chose. Et le dirigeant de mettre en exergue deux points fondamentaux à ses yeux. D’abord l’aspect fédérateur d’une telle aventure pour son réseau qui y gagne là de la visibilité, se positionne sur un créneau totalement unique, s’adosse à une course riche en valeurs, et s’offre une belle occasion de tisser du lien localement comme le font déjà tous les adhérents accompagnant ici ou là des gazelles. D’autre part le respect d’une certaine identité propre au groupe Robert Bosch. Peu de gens le savent mais le géant allemand évolue depuis des décennies sous le statut de fondation. Un détail qui n’a rien d’anodin. Par ce biais, Bosch n’est pas coté en bourse, avec un capital quasiment exclusivement entre ses mains (92 %), et utilise donc ses bénéfices comme il l’entend. Cette manne est ainsi en partie reversée dans de bonnes causes. Depuis 25 ans, deux milliards d’euros ont alors permis de financer des initiatives dans trois grands domaines que sont le médical, la formation et le soutien aux populations. Ce partenariat avec le rallye Aïcha des Gazelles s’avère donc bien naturel eu égard à tout cela. 

Une dimension humanitaire incontournable

Et il l’est d’autant plus que la dimension automobile se double d’une dimension humanitaire qu’il ne faut pas oublier. Avec Cœur de Gazelles, une association reconnue d’intérêt général, le rallye joue depuis plus de trente ans un rôle crucial auprès de la population marocaine et notamment des femmes. Sa caravane médicale accueille chaque année 8 000 personnes dans les régions reculées du sud du pays, situées à plus de 100 kilomètres d’un dispensaire ou d’un hôpital. Les fonds récoltés ont aussi permis de construire des écoles, des orphelinats, des plantations, des puits, ou encore de déployer différentes actions comme celle luttant contre l’illettrisme. Un engagement partagé par toutes les participantes. Cette année, Bosch Car Service accompagne trois équipages animés par ce même état d’esprit. Natacha et Tarita soutiennent ainsi l’association Imagine for Margo qui lutte contre le cancer des enfants. Heidi et Nadia se sont quant à elles engagées en faveur de la lutte contre le cancer des femmes. Manuelle et Francesca ont choisi de collecter des fonds avec leur association Cap, Cœur, Défi, dans le but de construire un puits au Maroc (par les équipes de Cœur de Gazelles). Autant d’histoires, autant d’idées, autant de bonnes ondes qui pérennisent le rallye Aïcha des Gazelles. Vivement 2024 !

Hervé Daigueperce
Hervé Daiguepercehttps://www.rechange-tunisie.com
Rédacteur en chef d'Algérie Rechange, de Rechange Maroc, de Tunisie Rechange et de Rechange Maghreb.

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