Rayonnant sur un stand ne désemplissant pas, Bailo Diallo, le responsable Yenmak pour l’Afrique (notamment francophone), nous a confié la stratégie du Groupe pour pallier d’éventuels reculs des marchés sur la pièce moteur. Avec confiance !
« Nous sommes sur 90 pays dans le monde », nous annonce-t-il d’emblée pour positionner Yenmak sur un salon – Automechanika Istanbul – en pleine effervescence, avant de poursuivre « Nous sommes toujours heureux d’exposer ici dans notre pays dont l’ouverture permet à nos visiteurs d’Afrique de venir sans visa alors que ce n’est pas le cas sur Automechanika Francfort, par exemple, où je n’ai pas pu rencontrer nombre de clients. Avant de commencer ici, j’avais déjà une quinzaine de rendez-vous fermes avec des responsables africains ((Afrique Subsaharienne, notamment). Il est plus facile pour eux de venir à Istanbul, et quand je dis eux, je parle de nos clients et de leurs clients en quête d’informations techniques ou de conseils de montage etc. Ils voient ce qu’on fait et cela accroît la confiance qu’ils éprouvent pour nos produits ! Istanbul a tendance à devenir un hub, comme on peut le voir avec les visiteurs d’Amérique Latine pour qui il s’avère plus intéressant de se rendre en Turquie qu’en Europe. La Turquie joue ou tente de jouer un rôle de médiateur dans les conflits de la région, facilitant ainsi les rencontres internationales sur son territoire ».
Une diversification assumée
Lorsque nous sommes arrivés sur le stand de Yenmak, nous avons découvert non sans surprise des bidons de lubrifiants que la spécialisation du groupe pour les pièces moteur rendait saugrenus. « Pas tant que cela », nous confie Bailo Diallo qui explique : « La famille des lubrifiants se marie bien aux pièces moteur et entre dans un programme de diversification du Groupe. Nous voyons bien qu’avec la croissance du nombre de véhicules électriques dans le monde, nous allons être impactés à plus ou moins long terme. Rien qui ne soit gérable dans la mesure où l’on prend la peine d’anticiper, en ajoutant de nouveaux produits en négoce comme les lubrifiants ou les filtres poids lourds que nous proposons également, ou en développant des pièces pour des moteurs d’engins ou d’autres fonctionnalités que le moteur thermique. Et pourquoi pas ne pas ajouter des produits totalement dédiés aux véhicules électriques comme les batteries, par exemple ? – réflexion personnelle nous a-t-il rappelé plus tard, ndlr.Nous sommes suffisamment « flexibles » pour aller dans le sens de ce que les marchés demandent et nous regardons les choses en face. Bien sûr, le véhicule électrique n’est pas dominant et il y a encore beaucoup d’années où il nous sera possible de produire des pièces moteur, cependant, nous sentons déjà de légères baisses sur certains marchés. Les clients ne voient pas les raisons de commandes qui s’érodent, mais nous si. A nous de nous adapter. En, Algérie, par exemple, les régulations d’importation nous impactent lourdement et nous répondons en accroissant nos parts de marché sur le Maroc. Cela ne compense pas entièrement, mais d’autres pays le font ! De la même façon, n os clients tunisiens nous parlent de réduction de commandes liées à la montée de l’électrique et nous apportons des produits complémentaires. Notre souplesse nous permet d’afficher toujours une croissance soutenue. Nous avions prévu d’atteindre les 150 millions de dollars en 2025 et nous avons déjà atteint les 120 millions en début d’année ! »
Face aux chinois, la réactivité et la proximité
Sur tous les salons internationaux, les chinois déploient leurs offres, et sur Automechanika Istanbul, on n’y échappait pas. Une occasion pour demander à Bailo Diallo si la montée en puissance des chinois se présentait comme une opportunité ou une contrainte pour Yenmak. « Ni l’un ni l’autre » nous répond -t-il ! A savoir que « nous ne pouvons pas rivaliser avec eux sur le plan des tarifs parce que leur gouvernement les aide et ils peuvent faire des crédits que nous nous ne sommes pas en mesure de proposer. En revanche, sur le plan de la qualité, nous sommes bien meilleurs, et nous l’emportons également sur le plan de la logistique et de la réactivité. Il leur faut deux mois pour livrer quand 10 jours nous suffisent. Ce qui ne nous empêche pas de disposer de produits des pièces qui se montent sur des véhicules chinois ! Là aussi, nous nous adaptons aux évolutions de marché et aux nouvelles technologies sans compromis sur la qualité. » Et quand on lui demande si l’intelligence artificielle s’est invitée dans le Groupe, il préfère répondre à titre personnel : « Dans l’avenir, l’Intelligence Artificielle sera déterminante. Pour l’heure, je m’en sers surtout pour affiner mes bases de données et obtenir plus d’informations sur mon secteur d’activité, sur mes marchés. L’I.A. me fait gagner du temps et me donne des idées. C’est ainsi que dans mes recherches personnelles l’idée des batteries pour véhicules éclectiques m’est apparue comme un axe possible de diversification. Cela ouvre des perspectives inédites, des sujets de réflexion, voire des solutions, et très rapidement ! »
Hervé Daigueperce




