LTM en mode pilotage avec ESP

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Entre désir de satisfaire le marché tunisien, exigences de l’export et demandes de sous-traitance des équipementiers internationaux, LTM surfe sur des vagues à rythme irrégulier mais toujours soutenu. Confrontation avec le pilote, Riadh Ben Ayed directeur général Amortisseurs LTM, directeur financier filtration Groupe Misfat.

Directeur général de LTM – et aussi directeur financier du groupe Misfat, donc observateur des indicateurs du marché, Riadh Ben Ayed jouit d’une bonne image de ce qui anime le monde automobile et notamment celui de l’après-vente automobile changeante, exigeante et parfois imprévisible… C’est ainsi que depuis octobre, LTM éprouve des difficultés à satisfaire toutes les demandes alors que rien ne l’annonçait : « Dès le mois de juin, les commandes ont commencé à affluer et de manière très importante jusqu’à mettre sous tension nos capacités de production en octobre. C’est ainsi que la pénurie de certaines matières premières est venue, ainsi, perturber toute la production, parce que certains fournisseurs ont fermé, d’autres ont mal estimé les besoins et ont diminué leurs capacités de production. C’est pourquoi, quand la reprise s’est annoncée, nombre de ses fournisseurs n’étaient pas prêts à assumer les commandes, ou n’étaient pas assez réactifs pour répondre à la demande » explique Riadh Ben Ayed. « C’est une énième variation sur le thème de l’adaptation que nous avons dû affronter. En 2019, alors que nous avons privilégié les commandes des grands fournisseurs internationaux, ceux-ci n’ont pas confirmé les volumes envisagés à l’origine. Aujourd’hui, nous nous repositionnons avec notre marque propre LTM et 2020 s’annonce beaucoup plus réussie à tous points de vue. Je dirais même à la limite frustrante, tellement nous sommes sollicités sur notre marché national et aussi sur le marché français. Souvent sur des nouvelles références, des nouvelles tendances ! Nous avons augmenté les capacités de production et, pourtant, on devrait produire davantage encore pour faire face à la demande. Cela compense quelques ratés, comme la baisse des commandes d’une grande enseigne de réparation qui n’a pas réussi à atteindre ses objectifs sur ses différents marchés. »

Misfat en pleine forme

Très sollicité par l’export, axe stratégique fixé par le groupe, Misfat finit par être rattrapé par les mêmes contradictions que LTM, même si nous ne parlons pas là des mêmes dimensions, la filtration ayant des postions à l’international très fortes depuis des années. Et c’est aussi ce qui le gêne comme un clou dans la chaussure sur son marché domestique. Il s’avère, en effet, difficile, d’organiser des productions spécifiques sur le marché tunisien qui manque, par sa taille, de volumes suffisants pour rentabiliser l’outil de production. Pour cela, la meilleure démarche consiste à monter des productions en amalgame, c’est-à-dire de fabriquer ensemble des références différentes qui le permettent : « Certaines références doivent être traitées en même temps pour qu’elles puissent bénéficier d’un effet volume et sortir à bon prix, or ce n’est pas toujours compatible en termes de timing et le taux de service s’en ressent. Nous travaillons beaucoup sur ces « mises en commun » qui peuvent s’illustrer ainsi : regrouper des références qui ont la même peinture, des références qui nécessitent le même papier, d’autres qui ont le même diamètre etc. » commente Riadh Ben Ayed, avant de poursuivre : « Nous sommes toujours confrontés à deux exigences, celle du taux de service et celle du tarif en sortie, qui doit être attractif pour le marché tunisien. Cela nous réclame beaucoup de souplesse et un jeu entre les sites de production ! »

Solides face aux concurrences !

Evoquant des problèmes d’approvisionnement dus à la Covid, nous avons demandé à Riadh Ben Ayed s’ils avaient ressenti d’éventuels retours sur les productions locales des professionnels de l’automobile, la réponse s’est énoncée très claire : « Sur notre marché domestique, nous avons acquis des positions qu’il s’avère très difficile d’attaquer en venant de l’extérieur. Le Coronavirus n’a pas pu vraiment nous apporter de nouvelles commandes et nous faisons attention à protéger nos clients de concurrents qui ne veulent pas jouer le jeu, en important les références grande vente et en essayant de s’approvisionner auprès de nous des références à faible rotation… Car c’est là que réside la vraie question de l’importation. Pour aborder un marché comme le nôtre et bien le couvrir, il faut venir avec un peu plus que les 150 ou 200 références sur lesquelles s’engagent les fournisseurs extérieurs, quand, de notre côté, nous alignons 900 références pour une couverture optimale du marché. Du coup, l’importation paraît moins intéressante, surtout qu’elle est particulièrement taxée quand une offre produits localement existe. Il vaut vraiment mieux acheter ce qui se produit localement, d’autant qu’il n’y a pas de délais de livraison importants et que nos prix sont, par nature, plus attractifs. » Pourtant la concurrence des produits asiatiques à bas coûts n’épargne aucun pays. « Nous ne sommes pas vraiment touchés par la concurrence asiatique sur les amortisseurs, en revanche, des offres en filtration existent, bien sûr, mais elles se heurtent aux frais de douane et surtout à la largeur et à la profondeur de gamme que les acteurs tunisiens proposent aux clients. Aller ailleurs, pour gagner un peu et se priver de la largeur de la gamme n’est pas un pari payant, c’est ce qui nous protège, parce que, une fois de plus, nous sommes producteurs locaux. Ce n’est évidemment pas la même chose sur les pièces pour lesquelles il n’existe pas de fabricants nationaux, la majorité… » nous explique Riadh Ben Ayed. Le surf n’est pas près de s’arrêter pour satisfaire tout le monde !

Hervé Daigueperce

Rédaction
Rédactionhttps://www.rechange-tunisie.com
Rédacteur en chef d'Algérie Rechange, de Rechange Maroc, de Tunisie Rechange et de Rechange Maghreb.

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