Alors que les innovations technologiques attiraient vers le stand les professionnels, Jean-François Bouveyron, VP Aftermarket Delphi Technologies complétait le message ainsi : « Nous ne nous contentons pas de vendre des boîtes, nous apportons du service, les services pour répondre aux besoins des distributeurs et des réparateurs. »
A chaque édition d’un grand salon international, se pose la question de la stratégie Aftermarket des équipementiers internationaux, que pouvez-vous nous dire sur celle de Delphi Technologies ?
Notre stratégie Aftermarket s’adapte aux évolutions des marchés et aussi des technologies. Nous poursuivons notre déploiement des cinq grandes lignes de produits sur lesquelles nous portons tous nos efforts, à savoir, l’injection Diesel, l’injection Essence, la maintenance (Châssis, frein, air conditionné, etc.), la gestion moteur / l’électronique, et l’équipement / diagnostic. A ceci, il faut ajouter la famille hybridation sur laquelle nous travaillons fortement en vue de soutenir les professionnels de l’après-vente.
Comme pour les autres familles, l’hybridation est un sujet qui préoccupe vivement les réparateurs. Nous sommes très avancés sur cette thématique comme en atteste, par exemple, notre démarche effectuée en Grande Bretagne. Nous avons mis en place et fait homologuer des stages qualifiants à destination des garagistes, afin qu’ils puissent intervenir sur les véhicules hybrides, puis sur les véhicules électriques (en dessous du seul fatidique des 60 V qui imposent d’autres normes), la demande se portant surtout sur le 48 V.
Il est question, chez certains acteurs sur le salon, de proposer une seconde marque dépositionnée pour répondre aux demandes du marché, est-ce envisageable pour Delphi Technologies ?
D’autre part, nous voyons éclore des concepts de réparation spécifiques à la marque de l’équipementier, quel est votre avis sur la question ? Il est difficilement concevable d’imaginer une seconde marque, lorsque nous travaillons sur de l’injection, sur de la technologie moteur aussi spécifique. Ce ne serait pas vraiment approprié ! Nous pourrions l’envisager sur le segment de la maintenance, si cela peut avoir un sens économique. Quant aux réseaux, je dois rappeler que nous développons depuis des années nos centres Diesel et affichons un réseau constitué de spécialistes Diesel avec des formations agréées et des supports techniques appropriés et complets. Cela n’aurait, en revanche, pour nous, pas vraiment de sens pour la pièce courante.
En revanche, que nous travaillons sur des réseaux existants pour apporter de nouvelles formations et des supports techniques, que nous accompagnons les réseaux de distribution et de réparation, fait partie de notre rôle de partenaire. Cependant, qu’il faille apposer une étiquette Delphi Technologies sur des réseaux de distribution qui suivent nos formations et nos cahiers des charges, rien ne s’y oppose. Je crois qu’il n’entre pas dans le rôle de l’équipementier de créer des réseaux pour la commercialisation des pièces, rôle qui relève du distributeur. En revanche, cela n’exclut pas les partenariats commerciaux et techniques.
Comment voyez-vous l’arrivée de toutes ces technologies sur le marché africain ?
Les véhicules les plus récents, concentrés de technologie, arrivent en même temps sur le marché africain. Il n’y a pas de décalage, et les efforts des garagistes en Afrique seront très importants, parce qu’ils vont devoir suivre l’évolution du parc. Même s’il y a moins de véhicules de dernière génération en Afrique. Ce qui signifie pourtant que certains professionnels anticipent davantage que d’autres et élaborent des structures, comme en Europe, qui leur permettent d’aborder les évolutions technologiques au fur et à mesure. Notre démarche consiste, justement, à accompagner les distributeurs partenaires dans toutes nos familles de produits, gestion moteur, hybride etc.
Nous ne nous contentons pas de vendre des boîtes, nous apportons du service, les services pour répondre aux besoins des distributeurs et des réparateurs. Pour nous, traditionnellement impliqués dans l’accompagnement technique avec le Diesel, il suffit de faire évoluer notre service vers les nouveaux besoins. C’est pourquoi, nous allons effectuer des formations sur l’hybride, plus ou moins élaborées en fonction des savoir-faire de nos clients et de leurs attentes.
Nexus International lance une place de marché, qui permet de mettre à disposition les stocks des uns au bénéfice des autres, au niveau international (et beaucoup d’autres prestations) ? Qu’est-ce que cela vous inspire ?
La pièce automobile rattrape le retard qu’elle avait pris dans les échanges et l’informatique. Il semblerait que les process proposés par Nexus International remplacent les fax, par l’informatique, parce que c’était comme cela que cela se pratiquait. Au final, les importateurs nationaux deviennent de plus en plus des distributeurs nationaux. Le marché va forcément évoluer dans ce sens et les distributeurs vont devoir ajouter plusieurs cordes à leur arc.
Que pensez-vous de l’arrivée progressive des groupements internationaux comme Groupauto Maghreb ou Nexus International ?
Groupauto Maghreb se présente sur le marché, avec un projet, une structure, un programme. Nous allons l’étudier et l’avenir dira si Delphi Technologies participera à son développement.
Les concepts de réseaux de garages de ces groupements attirent les grands distributeurs, quel est votre sentiment sur cette question ?
Une bonne connaissance du marché est nécessaire pour transposer un concept d’une région à une autre, de l’Europe vers l’Afrique ou d’un marché vers l’autre, quelle que soit son origine. Si les offres et les concepts ne sont pas bien gérés, adoptés par les acteurs, les chances de succès sont limitées. Il faut que les concepts soient bien intégrés, sinon, ce sera très difficile.
Comment êtes-vous staffé au Maghreb ?
Pour la région Maghreb, nous nous appuyons toujours sur une représentation locale, bien connue en la personne de Mehdi Baumel, dont la zone géographique couverte s’étend de l’Egypte à la Mauritanie. Il est basé au Maroc et dispose des supports techniques, marketing et autres du groupe, élaborés dans notre centre en Turquie. Nos équipes jouissent d’une relative autonomie pour adapter localement ce qu’on fait.
Sur quels produits, Delphi Technologies travaille-t-il ?
Parmi les produits que nous allons lancer, nous comptons les pompes à carburant (partie immergée dans le réservoir). En Europe, nous avons 10 % de parts de marché sur ces produits en première monte mais pas en rechange. C’est une opportunité à saisir. Nous avons, également, encore des produits à développer dans la partie mécanique – châssis et aussi dans le domaine de l’air conditionné. Après, comme je l’ai évoqué, les produits qui vont se présenter portent sur l’hybride, à commencer par les câbles de recharge, une famille très demandée.
Comment ressentez-vous la période actuelle ?
Nous sommes en train de vivre une période de transition très forte, peut-être une des plus importantes de l’industrie automobile. Nous sommes face à une masse de véhicules, avec de nouveaux acteurs, de nouveaux créneaux, des changements technologiques majeurs, des véhicules chargés de data, etc. Il ne faut pas être effrayés, juste préparés. Nous avons encore beaucoup de boîtes à pousser sur les comptoirs, la distribution doit en être consciente. Bien sûr, de nouvelles technologies apparaissent, commençons à nous préparer pour les accueillir !
Pour finir, comment se porte l’entreprise ?
Les chiffres sont plutôt bons par rapport à l’évolution générale du marché en Europe. C’est dans ces périodes-là, difficiles, qu’on voit le dynamisme des entreprises !





