Consommable par excellence de l’après-vente automobile, le filtre n’en est pas moins un produit stratégique. Porté par le vieillissement du parc, la multiplication des références et des exigences techniques toujours plus élevées, le marché de la filtration évolue en profondeur dans certaines régions tel qu’au Maghreb.
Telle une allégorie, la filtration est à l’après-vente ce que le volubile est à la vie : celui qui parle le plus n’est pas forcément celui qui est le plus intéressant ! Pour aller plus loin, il serait même bon de laisser parler les petits papiers, comme le fredonnait une célèbre chanteuse française, pour qu’ils puissent exprimer leur potentiel et leurs idées… Car dans l’univers de la rechange, la filtration demeure une famille de produits oubliée un peu trop facilement. Par réel désintérêt ou par simple négligence, celle-ci est en effet mise au second plan, doublée qu’elle est souvent par d’autres produits réellement ou prétendument plus techniques, plus dynamiques, plus innovants. Or, comme nous le verrons dans les prochaines lignes, tout ou presque permet de légitimement mettre la filtration sur le devant de la scène. À commercer par son poids, au demeurant indéniable. À l’échelle mondiale, la filtration automobile reste un marché de plusieurs dizaines de milliards de dollars. Les estimations diffèrent selon le périmètre retenu, mais convergent sur un point : la croissance se poursuit, soutenue avant tout par l’immense parc roulant mondial et par la progression des besoins de maintenance. Directeur marketing et communication de Purflux Group, Pierre-Henri Tinet confirme la tendance, en évoquant un marché « qui demeure solide et résilient » alors que son confrère Onur Ozyapici, vice-président AA, ISMEA & Turquie de Mann Hummel, le juge « dynamique », porté par plusieurs phénomènes d’ampleur et présentant un potentiel important dans plusieurs régions du monde. Une étude publiée en septembre 2026 estime ainsi le marché mondial à 18,8 milliards de dollars en 2025 et le projette à 25,3 milliards à l’horizon 2035. L’Asie-Pacifique constitue aujourd’hui la première région mondiale. Le filtre à huile reste la principale famille, grâce à la persistance du moteur thermique. Le filtre à air conserve lui aussi des volumes importants, tandis que le filtre d’habitacle représente un relais de croissance intéressant. La demande ne repose donc pas uniquement sur les véhicules neufs : elle dépend surtout du parc en circulation et de ses besoins d’entretien. C’est d’ailleurs l’une des particularités de la filtration. Même lorsque les immatriculations de véhicules neufs ralentissent, un parc vieillissant génère davantage d’opérations de maintenance. Pour les fabricants et distributeurs, le vieillissement automobile n’est donc pas nécessairement une mauvaise nouvelle.
La technologie évolue plus vite qu’il n’y paraît
Derrière un produit qui semble simple se cache une technologie de plus en plus sophistiquée. « La filtration est un secteur mature, mais cela ne signifie absolument pas qu’il n’y a plus d’innovation » résume Mohamed Khaled Douik, export manager de Misfat. Les fabricants travaillent sur les médias filtrants, les fibres synthétiques, les structures multicouches, la capacité de rétention, la résistance à l’humidité et surtout la réduction de la perte de charge. Ainsi, l’objectif est désormais de filtrer davantage tout en faisant circuler plus facilement l’air ou le fluide. Cette recherche de rendement concerne aussi bien les filtres à air que les filtres à carburant ou les filtres d’habitacle. Les moteurs modernes, notamment ceux équipés d’injecteurs haute pression, imposent des niveaux de filtration très élevés. Les constructeurs demandent parallèlement des produits plus compacts, plus légers et capables de fonctionner sur des intervalles d’entretien toujours mieux maîtrisés. La filtration n’est donc pas un domaine d’innovation spectaculaire, mais plutôt une industrie d’amélioration permanente. C’est peut-être pour cela que certains l’oublient. Et dans cette montée en compétences, l’arrivée des véhicules électriques constitue naturellement un sujet majeur pour les fabricants. La disparition progressive du moteur thermique réduit mécaniquement les besoins en filtres à huile moteur et en filtres à carburant mais ne signifie pas la disparition de la filtration. « L’électrification transforme notre industrie mais ne la réduit pas. Certes, un véhicule électrique ne nécessite plus certains filtres traditionnels. Cependant, de nouveaux besoins apparaissent » étaye Pierre-Henri Tinet. Les véhicules électrifiés utilisent eux aussi des circuits de refroidissement, des fluides de transmission et des systèmes thermiques nécessitant des solutions de filtration. Les batteries et l’électronique de puissance doivent notamment être maintenues dans des plages de température précises. Le groupe Purflux a investi ces dernières années dans des systèmes de ventilation de batteries avec la technologie Battery Vents tout en développant d’autres solutions liées à l’hydrogène, comme les séparateurs eau/hydrogène nécessaires au bon fonctionnement des piles à combustible. Par ailleurs, le filtre d’habitacle prend une importance nouvelle et est aujourd’hui assurément l’un des plus dynamiques de cette famille. Les technologies associant filtration des particules, charbon actif et autres médias capables de limiter certains polluants permettent de transformer cet élément de confort en véritable composant de qualité de l’air. « La filtration devient un composant de sécurité et de confort, résume le représentant de Purflux. Elle ne sert plus seulement à protéger un moteur mais aussi à protéger les occupants du véhicule et à optimiser la durée de vie d’équipements complexes. » Sentiment confirmé par Onur Ozyapici : « La qualité de l’air à bord du véhicule devient un critère de plus en plus important pour les automobilistes, notamment dans les grandes agglomérations du Maghreb confrontées à des niveaux élevés de pollution atmosphérique et de poussières. » Attendue et portée par les automobilistes, cette évolution est désormais bien comprise par les constructeurs qui demandent eux aussi des systèmes de filtration de l’habitacle de plus en plus sophistiqués pour leurs modèles. Le mouvement tend donc davantage vers une recomposition du marché qu’une rupture. « C’est pourquoi notre stratégie repose sur deux axes : continuer à développer notre activité automobile traditionnelle tout en accélérant notre diversification vers les poids lourds, les bus, les travaux publics, l’agriculture et la filtration industrielle, notamment hydraulique, détaille le porte-parole de Misfat. Nous préférons parler de transformation du marché plutôt que de disparition de la filtration. » « Notre secteur évolue vers une diversification des applications plutôt qu’un simple remplacement des technologies existantes » abonde le représentant de Mann Hummel. Les filtres traditionnels vont progressivement perdre du volume sur certaines applications, tandis que de nouvelles familles apparaîtront.
Le Maghreb, terre de filtration
Toutefois, cette analyse très globale mérite d’être replacée dans le contexte nord-africain. Au Maghreb, la voiture thermique restera encore longtemps majoritaire. Le vieillissement du parc, les conditions climatiques et les distances parcourues entretiennent une consommation régulière de filtres. « La flotte de véhicules à combustion interne continuera de représenter une part significative de la demande de filtration du marché secondaire pendant de nombreuses années, notamment dans les marchés émergents. Dans ce contexte, le Maghreb est une région stratégique pour Mann Hummel, portée à la fois par le développement du parc roulant et par de nombreux projets d’infrastructures et industriels » confirme le porte-parole de l’équipementier allemand. L’Algérie constitue aujourd’hui l’un des marchés les plus importants de la région. Une enquête publiée en 2026 par Algérie Rechange estime le marché algérien de la filtration à environ 30 millions d’euros par an, pour 4 à 7 millions de filtres toutes gammes confondues. La demande reste soutenue par un parc ancien et par les besoins d’entretien des véhicules, mais également par les secteurs agricole, industriel et des travaux publics. Le Maroc présente lui aussi un marché très concurrentiel. « Les investissements liés à la Coupe du Monde 2030, aux infrastructures de transport et aux projets de construction soutiennent fortement l’activité » analyse Onur Ozyapici. Une estimation publiée par Maroc Rechange évaluait déjà la valeur des importations de filtres à environ 30 millions d’euros, avec une forte présence de marques internationales et une place significative occupée par les produits tunisiens. Le constat régional est donc clair : la filtration bénéficie d’un environnement favorable, même si chaque marché possède ses propres contraintes. « Le Maghreb représente une région stratégique pour Purflux Group, à la fois sur le plan industriel et commercial, évoque encore Pierre-Henri Tinet. La région bénéficie d’un parc roulant important, d’une forte culture de maintenance et d’un réseau de distribution particulièrement actif. » La pression sur les prix demeure forte, avec de nombreuses marques et un poids considérable pour les importations. Dans ce paysage, la Tunisie fait figure d’exception. Elle dispose depuis plusieurs décennies d’une véritable industrie de la filtration automobile, avec notamment Misfat en porte-étendard, qui a développé une expertise à la fois pour le marché local et pour l’export. L’entreprise, créée en 1979 à Jedeida, propose aujourd’hui environ 2 500 références couvrant les filtres à air, huile, carburant et habitacle pour véhicules légers, utilitaires, poids lourds et applications industrielles. Le groupe, qui possède notamment des activités en France, au Maroc, en Espagne et en Pologne, revendique une présence commerciale dans plus de 60 pays. « La trajectoire de Misfat est avant tout celle d’une entreprise tunisienne qui a su transformer un besoin local en une ambition internationale, rappelle Mohamed Khaled Douik. Nous sommes partis d’un marché national, avec la volonté de proposer des produits de filtration de qualité, puis nous avons progressivement développé notre savoir-faire, nos capacités industrielles et notre présence à l’international. C’est une évolution dont nous sommes fiers, mais notre ancrage tunisien reste essentiel. » L’histoire de Misfat illustre d’ailleurs la capacité de l’industrie tunisienne à franchir les frontières. L’entreprise est devenue fournisseur de première monte du groupe PSA au début des années 2000 avant de développer son implantation internationale. Cette expérience constitue un avantage considérable. La Tunisie ne dispose pas simplement d’une activité d’assemblage : elle possède un savoir-faire industriel, une culture de la qualité et une expérience de l’export qui lui permettent de se positionner sur des marchés exigeants. « Cette expertise du marché favorise les marques reconnues pour leur qualité d’origine et leur fiabilité » pointe Pierre-Henri Tinet. « Le marché tunisien présente aujourd’hui un potentiel particulièrement intéressant, abonde Onur Ozyapici. Nous observons une montée en puissance progressive des véhicules hybrides et électriques, portée notamment par l’arrivée de nouvelles marques asiatiques et chinoises. »
Un savoir-faire local reconnu
Selon une estimation publiée en 2024 dans nos colonnes, le marché tunisien de la filtration représentait environ 45 millions de dinars, soit quelque 14 millions d’euros, avec environ 75 % du marché détenu par les équipementiers locaux et 25 % par les importateurs et la rechange constructeur. Cette donnée, qui remonte à quelques années, doit être considérée comme un ordre de grandeur et non comme une mesure actualisée du marché 2026. Elle n’en reste pas moins révélatrice : rares sont les pays du Maghreb à disposer d’un fabricant historique capable de couvrir une part aussi importante de son marché intérieur tout en exportant. « Nous avons une main-d’œuvre qualifiée, une expérience importante dans l’industrie automobile et une proximité géographique exceptionnelle avec l’Europe, qui constitue un avantage important en matière de délais, de réactivité et de sécurisation des approvisionnements. Nous avons également développé un véritable écosystème industriel qui permet de travailler selon des standards internationaux et avec des clients très exigeants » développe Mohamed Khaled Douik. Toutefois, la demande tunisienne reste soumise au pouvoir d’achat des automobilistes, au coût des pièces et aux difficultés d’approvisionnement de certaines références. Le filtre est par ailleurs souvent considéré comme un produit banal, facilement comparable sur le seul critère du prix. C’est précisément là que réside l’un des principaux défis de la filière avec la régulation du commerce informel. Il est tentant d’attribuer un pourcentage précis au circuit parallèle dans la filtration tunisienne. Ce serait pourtant hasardeux. Il n’existe pas de données publiques suffisamment fiables permettant d’isoler la part du marché informel spécifique aux filtres automobiles. Le phénomène est néanmoins bien réel dans la pièce de rechange. La hausse du coût des véhicules et des pièces neuves, le vieillissement du parc et les difficultés d’approvisionnement ont favorisé le développement des circuits parallèles. Les casses, marchés de pièces d’occasion, importations hors réseau et ventes via les réseaux sociaux occupent une place croissante dans l’après-vente tunisienne. Pour la filtration, la situation est toutefois particulière. Un filtre usagé ne peut pratiquement pas être valorisé comme pièce de seconde main. Le problème concerne donc surtout les produits neufs de provenance incertaine, les contrefaçons, les références sans traçabilité et les produits low-cost. Le danger est commercial autant que technique : lorsque deux filtres se ressemblent extérieurement, le professionnel comme l’automobiliste peut avoir du mal à percevoir la différence de qualité du média filtrant, de l’étanchéité ou de la capacité de rétention. D’où une extrême vigilance pointée par les industriels comme Misfat : « Le marché tunisien est devenu beaucoup plus ouvert et concurrentiel. Nous avons des fabricants locaux, des importateurs traditionnels et différents circuits d’approvisionnement. Cette concurrence peut être saine lorsqu’elle repose sur la qualité, la disponibilité et le juste prix. Elle devient en revanche problématique lorsque les règles ne sont pas les mêmes pour tous ou lorsque le consommateur ne dispose pas d’informations suffisantes sur l’origine et la qualité du produit. Produire localement implique des coûts de qualité, de conformité, de personnel, d’énergie et d’investissement. Nous pensons donc qu’il est important de garantir une concurrence équitable et de valoriser davantage la production industrielle locale. »
Le prix, éternel arbitre
Mais par-delà cette difficulté, l’un et l’autre se rejoignent sur un enjeu commun. Dans un marché sous pression, la tentation du produit le moins cher reste prégnante. Pourtant, la filtration est précisément l’une des familles où le prix d’achat ne suffit pas à mesurer la valeur du produit. Un filtre à air doit protéger efficacement le moteur tout en limitant la perte de charge. Un filtre à carburant doit répondre aux exigences des systèmes d’injection modernes. Un filtre à huile doit assurer une filtration constante dans des conditions de pression et de température élevées. Quant au filtre d’habitacle, il doit conjuguer efficacité, durée de vie et circulation correcte de l’air. « La pression sur les prix existe dans la plupart des marchés automobiles. Cependant, la filtration reste un composant critique pour la protection du moteur, de la transmission, de la batterie ou encore de la santé des occupants. Un filtre de qualité insuffisante peut entraîner des conséquences techniques et économiques importantes » ajoute le représentant de Purflux. Même son de cloche côté Mann Hummel : « Bien que la concurrence par les prix existe dans de nombreux segments du marché, nous avons préféré focaliser notre contribution sur les opportunités, les développements technologiques et les moteurs de valeur client qui façonnent l’avenir de la filtration. Cela nous permet d’offrir une perspective plus constructive, alignée sur notre expertise en tant que fabricant de filtration. » « Le marché ne se limite plus au prix, explique à son tour le représentant de Misfat. Les clients recherchent aujourd’hui la qualité, la fiabilité, la disponibilité et surtout la sécurisation de leurs approvisionnements. » Pour les professionnels de la rechange, cette réalité ouvre un espace de différenciation. La prescription, l’explication technique et la traçabilité deviennent des arguments commerciaux à part entière. Ce même filtre d’habitacle apparaît aujourd’hui comme l’un des plus prometteurs. En Tunisie, son remplacement reste encore très lié à la période estivale et à l’utilisation de la climatisation. Selon des professionnels du marché, beaucoup d’automobilistes ignorent encore son existence ou ne connaissent pas réellement sa fonction. Pourtant, les enjeux de qualité de l’air intérieur donnent une nouvelle dimension au produit. Poussières, pollen, particules fines, odeurs et certains polluants peuvent être traités par des médias de plus en plus sophistiqués. Pour les distributeurs et réparateurs, le développement de ce segment passe donc largement par la pédagogie. Par ailleurs, la diversification du parc automobile tunisien constitue un autre enjeu. L’arrivée de nouvelles marques, notamment chinoises, élargit rapidement le nombre d’applications à couvrir. Pour les fabricants, cette évolution représente à la fois une opportunité et une contrainte. Chaque nouveau modèle implique de nouvelles références, de nouveaux outillages, des validations et des stocks. La capacité à développer rapidement une gamme devient donc un facteur de compétitivité. Cette question est particulièrement sensible dans le Maghreb. En Algérie comme au Maroc, les professionnels soulignent déjà l’importance de suivre l’évolution rapide du parc et l’arrivée de nouveaux constructeurs. La donnée devient ici presque aussi stratégique que la production : catalogues électroniques, identification précise des applications, recherche par véhicule et mise à jour permanente des références sont désormais indispensables. Mais à côté de tous ces défis, la question environnementale, la pression environnementale pourrait-on dire, ne cesse de s’amplifier. Le filtre usagé est un déchet complexe, composé de papier ou de fibres, de métal, de plastiques, de joints et, dans le cas des filtres à huile et carburant, de résidus de fluides. Les fabricants cherchent donc à réduire la quantité de matière utilisée, à augmenter la durée de vie des médias et à limiter l’empreinte environnementale des procédés de fabrication. Cette évolution concerne également les matériaux. Les industriels développent des médias plus performants et explorent des solutions utilisant des matières premières renouvelables ou réduisant le recours aux composants d’origine fossile. Pour les industriels tunisiens, cette dimension deviendra progressivement incontournable, notamment à l’export. Les grands clients internationaux intègrent désormais des critères environnementaux dans leurs cahiers des charges, au même titre que les performances techniques et le prix.
Quels défis pour la Tunisie ?
Dans ce contexte, de multiples défis se posent à la filtration tunisienne. La question de la compétitivité demeure centrale avec les matières premières, l’énergie, le transport ou encore la logistique qui pèsent sur les coûts de production. Face aux fabricants asiatiques et aux importateurs low-cost, les industriels tunisiens ne pourront pas gagner uniquement par le prix. Le deuxième défi tient dans l’innovation et dans la capacité de la filière locale à tenir la dragée haute aux ténors du marché sur les développements actuels et futurs. La maîtrise des nouveaux médias, des filtres destinés aux véhicules électrifiés, des systèmes de gestion thermique et des produits à haute efficacité devra progresser. Les problématiques de la diversification et de la maîtrise du marché intérieur s’avèrent également capitales. L’industrie tunisienne possède un savoir-faire qui peut être davantage valorisé dans le poids lourd, l’agricole, les engins de chantier et les applications industrielles. Mais cela ne pourra avoir de sens qu’en luttant contre les produits non conformes, ce qui passe moins par la seule réglementation que par la traçabilité, l’information des professionnels et la valorisation de la qualité. Enfin, le défi de l’anticipation ne doit pas être oublié. Peut-être doit-il faire figure de priorité. La transformation du parc automobile est déjà engagée. Même si le thermique restera dominant pendant de nombreuses années en Tunisie et au Maghreb, les industriels doivent préparer aujourd’hui les produits qui seront demandés demain. Un constat qui prévaut au-delà des véhicules légers. « Les segments poids lourds, industriels, miniers et Off-Highway demeureront également des moteurs de croissance importants » juge Onur Ozyapici. Plus que sur les volumes, la bataille se jouera donc sur la qualité, la disponibilité, la technologie, la traçabilité et la capacité à accompagner l’évolution du parc. « Notre ambition n’est donc pas de choisir entre la Tunisie et l’international. Notre ambition est de continuer à développer depuis la Tunisie un groupe industriel capable de servir des clients partout dans le monde » pointe encore Khaled Douik. Discret par nature, le filtre n’en reste pas moins un excellent révélateur des transformations de l’automobile. Et pour la Tunisie, il pourrait bien constituer encore longtemps l’un des savoir-faire industriels les plus exportables de son écosystème automobile.
EXERGUES
« La filtration ne sert plus seulement à protéger un moteur mais aussi à protéger les occupants du véhicule » – Pierre-Henri Tinet, Purflux Group.
« Les segments poids lourds, industriels, miniers et Off-Highway demeureront également des moteurs de croissance importants » – Onur Ozyapici, Mann Hummel.
« Notre ambition n’est donc pas de choisir entre la Tunisie et l’international. Notre ambition est de continuer à développer depuis la Tunisie un groupe industriel capable de servir des clients partout dans le monde » – Mohamed Khaled Douik, Misfat.
LEGENDES
DOSSIER FILTRATION_01 : Souvent oublié, le marché de la filtration s’avère être pourtant l’un des plus dynamique dans l’univers de la rechange. ©Purflux
DOSSIER FILTRATION_02 : Porté par l’expertise et le poids de Misfat, le marché tunisien dénote par son savoir-faire en matière de filtration. Celui-ci est aujourd’hui détenu à 75 % par les équipementiers locaux et à 25 % par les importateurs. ©Mecafilter
DOSSIER FILTRATION_03 : Dans un contexte de pression financière, le prix demeure un facteur crucial dans le choix des automobilistes. Pour autant, de sa par sa technicité, la filtration reste à la marge de cet enjeu tarifaire. ©Mahle
DOSSIER FILTRATION_04 : Alors que certains prédisaient la fin de la filtration avec l’émergence des véhicules électriques, la réalité est tout autre : si différents produits perdent de leur attractivité, de nouveaux besoins boostent les ventes d’autres filtres aux technologies inédites. ©Mahle
DOSSIER FILTRATION_05 : Bien installée et très compétitive, la filtration tunisienne doit désormais réussir à exporter à grande échelle un savoir-faire indéniable. ©Mecafilter







