CLAS Equipements : « l’électrique devient un sujet concret en Afrique »

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Membre de NEXUS depuis près de dix ans et parmi les premiers à avoir rejoint IAMaga, CLAS Equipements veut accélérer son développement en Afrique. À Tunis, son directeur commercial Nicolas Hailloud nous a parlé réseau, équipement des ateliers et électrification. Un sujet encore naissant sur une partie du continent, mais qui commence déjà à faire remonter des besoins très concrets.

Pour Nicolas Hailloud, l’intérêt d’IAMaga tient d’abord à sa capacité à mettre l’Afrique autour de la même table. CLAS Equipements connaît bien l’écosystème NEXUS : l’entreprise en est membre depuis 2016 et a également fait partie des premiers équipementiers à rejoindre IAMaga, avant la crise du Covid, autour de 2018-2019 selon ses souvenirs. Mais avec cette déclinaison africaine, les discussions changent d’échelle et surtout de sujet.

« Ça permet de parler un peu plus concrètement des problématiques de l’Afrique », explique le directeur commercial de CLAS Equipements. Pouvoir rencontrer en un même lieu plusieurs distributeurs du continent représente déjà un gain de temps. L’intérêt va toutefois plus loin. Des problématiques communes remontent du réseau et peuvent être travaillées collectivement, plutôt que pays par pays, avec chaque distributeur dans son coin. Mettre les besoins en commun pour éviter de réinventer la roue à chaque marché, en quelque sorte.

Et cette édition tunisienne lui en fournit justement un exemple. Plusieurs échanges ont fait remonter des interrogations autour de l’intervention sur les véhicules hybrides et électriques. Au lieu de construire une réponse avec un seul distributeur, CLAS peut réfléchir à une solution susceptible d’être proposée ensuite à l’ensemble du réseau. Pour un spécialiste de l’outillage et de l’équipement d’atelier, le sujet tombe à point nommé.

Nicolas Hailloud dresse d’ailleurs un bilan positif de cette édition du One Africa Business Summit. Les rendez-vous et les contacts ont été bons et, surtout, il constate davantage de participants que lors des précédentes éditions. À ses yeux, IAMaga commence à fédérer plus largement son réseau. Avec une conséquence directe : lorsque davantage d’acteurs se retrouvent autour de la table, les sujets deviennent eux aussi plus consistants.

L’électrique change déjà l’équipement de l’atelier

Sur ce terrain, CLAS ne part pas d’une feuille blanche. En France, l’entreprise évolue dans un environnement où les exigences encadrant les interventions sur véhicules électrifiés sont élevées. Elle travaille notamment avec des acteurs spécialisés dans les protocoles de réparation et accompagne également des professionnels engagés dans le démantèlement des véhicules électriques.

Cette expérience a progressivement donné naissance à une offre qui ne se limite pas à quelques outils isolés. CLAS dispose aujourd’hui d’une gamme couvrant la protection individuelle du technicien, la sécurisation de la zone d’intervention et l’outillage isolé. À cela s’ajoutent des équipements beaucoup plus spécifiques : tables élévatrices pour la dépose des batteries, palonniers et supports permettant de manipuler puis de travailler sur ces ensembles lourds et encombrants.

Car l’arrivée de la haute tension change les règles dans l’atelier. Avant même de réparer, il faut sécuriser l’intervention, protéger l’opérateur et isoler correctement son environnement. La batterie, elle, ajoute une autre contrainte : son poids. L’électrique ne remplace pas seulement des outils, il oblige à repenser une partie du poste de travail.

Nicolas estime ainsi CLAS plutôt en avance sur ce sujet et assure suivre de près son évolution. Cette expertise a déjà quitté l’Europe. Au Moyen-Orient, notamment aux Émirats arabes unis, l’entreprise a participé à la mise en place d’ateliers dédiés aux véhicules hybrides et électriques. En Afrique, en revanche, le passage à l’acte reste encore limité.

L’Afrique commence à poser les bonnes questions

Les partenaires africains de CLAS connaissent cette gamme, mais aucune implantation comparable à celles réalisées au Moyen-Orient n’a encore été déployée avec eux. Cela pourrait toutefois évoluer rapidement dans certains pays.

Quelques heures avant notre échange, Nicolas Hailloud discutait justement du sujet avec un interlocuteur éthiopien. Il évoque un marché où les pouvoirs publics poussent fortement l’électrification et où les achats concernent aussi bien les véhicules légers et utilitaires que les autobus. Lorsque le parc change, la question de son entretien finit nécessairement par arriver.

Et c’est précisément ce qui intéresse CLAS. Vendre un véhicule électrique est une chose ; être capable de l’accueillir quelques années plus tard dans un atelier en est une autre. Les techniciens doivent être protégés, les zones balisées et les batteries manipulées avec du matériel approprié. Le parc peut changer vite, l’atelier doit suivre.

Pour Nicolas, ces évolutions constituent donc de « belles opportunités ». Pas question pour autant de plaquer le modèle européen sur l’ensemble du continent. Les marchés africains avancent à des vitesses très différentes et tous n’ont pas encore besoin d’un atelier entièrement équipé pour intervenir sur des batteries haute tension. Mais lorsque les demandes commencent à remonter du réseau IAMaga, le sujet quitte le registre de l’anticipation pour entrer dans celui du besoin.

Au Maghreb, trois marchés et trois situations

L’autre chantier de Nicolas Hailloud concerne directement le Maghreb. CLAS y a déjà travaillé, mais son organisation commerciale a perdu de sa présence sur le terrain au fil des dernières années. La crise sanitaire n’a rien arrangé et la reprise s’est révélée compliquée. Aujourd’hui, le directeur commercial parle presque d’un nouveau départ : « je redémarre de zéro sur cette zone ».

Derrière cette formule se cachent pourtant trois réalités très différentes.

En Algérie, la situation est la plus figée. Nicolas explique que CLAS n’y a plus exporté un seul produit depuis 2019. Il met directement cette absence d’activité sur le compte des contraintes liées aux importations et à l’Algex, auxquelles s’ajoute, selon lui, la situation d’une société française souhaitant accéder au marché algérien. Pour l’heure, le dossier reste donc bloqué.

La Tunisie offre une perspective différente. CLAS a commencé à y structurer son réseau et plusieurs choses se mettent en place. Nicolas parle de « belles perspectives de croissance ». La tenue du Summit à Tunis prend alors une dimension supplémentaire : au-delà des rencontres continentales, l’événement se déroule sur un marché où l’entreprise est précisément en train de reconstruire sa présence.

Reste le Maroc, où le travail est encore en amont. CLAS recherche des partenaires capables de l’aider à accélérer son développement. Les contacts existent déjà ; Nicolas ne pense d’ailleurs pas que son problème soit de trouver des noms supplémentaires. Il faut plutôt trouver « le petit truc qui va faire la bascule », celui qui transformera une discussion en véritable partenariat commercial.

Le Maroc dans le viseur

Cette volonté pourrait prochainement se traduire de manière beaucoup plus visible. Interrogé sur une éventuelle participation à Equip Auto Maroc, Nicolas Hailloud se montre clairement intéressé. Une présence avec un partenaire local avait d’abord été envisagée, mais les discussions n’ont pas encore débouché sur quelque chose de concret.

Faute d’avancée, CLAS pourrait finalement choisir d’y aller seule. « Si je n’ai pas d’image, je pense que je vais y aller en solo pour montrer ce qu’on sait faire », explique-t-il. Derrière la formule se lit une volonté de remettre la marque physiquement sur le terrain après plusieurs années où sa présence commerciale au Maghreb s’est étiolée.

Pour un équipementier d’atelier, cette visibilité compte. Une table de dépose de batterie, un dispositif de sécurisation ou un outil technique se comprennent souvent mieux lorsqu’ils sont devant le professionnel que lorsqu’ils occupent une ligne dans un catalogue. Revenir sur les salons peut donc devenir l’un des leviers de cette reconquête.

Et le calendrier semble favorable. À mesure que les véhicules se complexifient, les besoins des ateliers évoluent. Électrique et hybride en sont l’expression la plus évidente, mais derrière la motorisation se pose une question plus large : celle de la capacité des réparateurs indépendants à suivre techniquement le parc qui arrive.

Être prêt avant que la batterie arrive sur le pont

C’est finalement là que les deux sujets abordés avec Nicolas Hailloud se rejoignent. D’un côté, CLAS cherche à reconstruire et renforcer son réseau en Tunisie et au Maroc, tandis que l’Algérie reste inaccessible à ses produits. De l’autre, IAMaga lui fait remonter des besoins qui commencent à évoluer avec l’électrification de certains marchés africains.

Le Summit sert alors de point de rencontre entre les deux. Il permet à CLAS de voir ses distributeurs, mais également d’entendre ce qui se prépare dans leurs ateliers. Aujourd’hui, une discussion avec l’Éthiopie ; demain, peut-être une demande tunisienne, marocaine ou venue d’un autre marché du continent.

L’électrique reste encore minoritaire dans une grande partie de l’Afrique. Mais pour un fournisseur d’équipements, attendre que les batteries soient nombreuses sur les ponts élévateurs pour commencer à réfléchir aux outils serait prendre le problème à l’envers. Les protections, procédures et équipements doivent arriver avant.

C’est aussi ce que Nicolas Hailloud vient chercher chez IAMaga : transformer des signaux dispersés en projets communs et identifier les marchés où le besoin devient suffisamment concret pour agir. Un atelier ne se transforme pas le jour où arrive sa première voiture électrique. Il doit être prêt à l’accueillir.

Abdellah Khalil

Rédaction
Rédactionhttps://www.rechange-tunisie.com
Rédacteur en chef d'Algérie Rechange, de Rechange Maroc, de Tunisie Rechange et de Rechange Maghreb.

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