A l’occasion du sommet IAMaga de Tunis, nous avons eu le plaisir de nous entretenir avec Martin Fadoul, un professionnel d’une grande humilité, à la jeunesse mesurée et solide. Observateur discret et affable qui raconte….
Même lorsque Gaël Escribe salua Monsieur Fadoul comme l’un des grands noms de la profession à l’avoir suivi à l’origine de la création de Nexus International, Antoine Fadoul s’est montré serein, sans décourager qui que ce soit de l’approcher. Nous en avons donc profité et, tandis qu’on lui laissait entendre qu’il devait une personnalité très sollicitée, il nous ramena vite à la réalité : « Logiquement, j’intéresse du monde et cela ne signifie pas que je ne m’intéresse pas aux autres bien au contraire. Ce que je veux dire, c’est que chacun s’intéresse à sa manière aux fournisseurs présents, et inversement. Nous avons besoin les uns des autres et c’est au cœur de notre échange » avant de conclure sans ambiguïté : « Chacun a sa vision à la fin de la journée ».
« IAMaga représente du potentiel dans l’avenir »
Présent lors de ce sommet, Martin Fadoul nous a indiqué qu’il n’était pas membre : « Je ne suis pas entré dans l’entreprise, cependant IAMaga a du potentiel dans l’avenir. C’est un concept qui apporte des solutions, c’est ainsi que je vois les choses. Si j’ai un problème avec un fournisseur, IAMaga peut venir m’aider, si nous cherchons un fournisseur, là aussi IAMaga peut nous aider et globalement apporter des solutions sur d’autres points. C’est comme cela que j’ai perçu IAMaga ». Et lorsque nous avons relié IAMaga avec Nexus International et demandé ce qui avait motivé « Fadoul » à entrer dans cette organisation dès l’origine, il nous répond : « C’est monsieur Fadoul qui peut répondre à cela, car c’est l’un des actionnaires initiaux. Il a très bien compris les enjeux à l’époque, c’est Monsieur Fadoul qui a investi, c’est un visionnaire, il voit très loin et a compris que nombre d’acteurs notamment en Afrique n’étaient pas connus, à tort, et avaient besoin de visibilité et de relations ».
Une histoire simple et édifiante
Comme je l’évoquais au début de petit article, et après nous être présentés, nous avons demandé si nous pouvions lui poser quelques questions. Tout d’abord surpris que je connaisse son nom – pas longtemps, Anis Boughzala passant derrière – il a tout de suite répondu positivement, en ces termes : « Nous sommes des gens très humbles, avec qui on peut parler, sur le terrain et ailleurs. C’est mon grand-père qui, à la base, dans les années 60 a commencé l’histoire de l’entreprise. A l’origine, il était professeur de mathématiques et de physiques chimie au Liban, pays qu’il a dû fuir. En effet, il a accompli un geste de pure bienveillance qui s’est retourné contre lui, l’obligeant à quitter le pays sous peine d’être mis en prison. C’est au Burkina Faso (Haute-Volta à l’époque) qu’il s’est réfugié (le terme est de nous, ndlr). Pour gagner sa vie, il devient « commerçant ambulant », vendant des glaces sur un vélo, puis des sandwichs, puis des pièces automobiles. Chaque fois que quelqu’un cherchait une pièce pour son véhicule, il se débrouillait pour lui trouver. Sa réputation a commencé à le précéder et on venait à n’importe quelle heure le chercher pour lui demander telle ou telle pièce détachée, parce que « M. Fadoul pouvait dépanner ». Progressivement, il s’est mis à acquérir des petites boutiques de pièces détachées, puis des plus grandes et il s’est diversifié, s’intéressant aux secteurs automobile, industriel, à la papeterie, à l’informatique. »
Cette diversification, en termes d’activités, s’est accompagnée d’un développement à l’international, plus exactement à une extension de son offre dans les pays voisins du Burkina, la Côte d’Ivoire, le Togo, le Bénin, le Mali, le Cameroun, le Nigeria, le Congo, ou encore la … France. « C’est comme cela qu’il a bâti son « empire », poursuit Antoine Fadoul en ajoutant : « Monsieur Fadoul n’aime pas les fastes, il a commencé petit et s’en souvient comme il nous le rappelle à tous : « Tu gardes les pieds sur terre ». Honnêtement, nous connaissions peu de choses sur le Groupe Fadoul, sinon l’immense respect entourant son nom de la part de tous les professionnels de l’auto, c’est pourquoi, nous avons innocemment demandé où se trouvait le siège du groupe. Une question qui a fait sourire Antoine Fadoul : « Nous n’avons pas vraiment de siège social au Burkina, notre pays d’adoption. Monsieur Fadoul a eu 6 enfants (dont mon père aujourd’hui décédé) qui participent tous à l’activité. Chaque enfant est plus ou moins dans un pays où nous avons des activités. De mon côté par exemple, je m’occupe des marchés de Côte d’Ivoire, de notre structure en pièces détachées automobiles et pour poids lourds, engins, et véhicules industriels, pièces de transmissions, lubrifiants, pneumatiques et aussi chariots élévateurs, groupes électrogènes, moteurs électriques, en fait tout ce qui constitue l’environnement de la mobilité. Nous commercialisons également des camions. » Et des véhicules électriques ? Pas encore mais c’est en discussions… Souriant et discret. Merci Antoine Fadoul pour votre temps.
Hervé Daigueperce







